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Asbestose  de  la  prostate   et   du  col vésical

Résumé 

Cette publication relate deux cas d’ asbestose de la prostate et du col vésical chez des travailleurs de  l’ amiante.  La discussion porte sur la relation causale et l’anatomie pathologique.

Dans le premier cas,  les fibres d’ amiante  ont provoqué une fibrose évolutive et récidivante du col vésical.  L’ obstruction urinaire a nécessité une résection portant sur le tissu prostatique et la lèvre postérieure du col vésical.  Cette action a entraîné une éjaculation rétrograde.  Il  n’ y avait pas d’ évolution cancéreuse lors de la publication, c'est-à-dire après 21 ans d’ exposition à l’ amiante.

Dans le deuxième cas,  des fibres d’ amiante ont été trouvées dans les copeaux de résection d’un cancer de prostate  survenu  sur coque restante 10 ans après l’ énucléation d’ un adénome.  D’ autres fibres d' origine industrielle accompagnaient les fibres d’ amiante.    Le type histologique du cancer était inhabituel.  Ceci  suggère l’ hypothèse de recherche que  l' imprégnation tissulaire par ces fibres industrielles  pourrait  orienter la typologie du tissu cancéreux.

Informations de la publication en revue : allez à la page REFERENCES

Sur la pathogénicité de l’ amiante

 

Le pouvoir pathogène de l' amiante n’est que partiellement connu.

Les différentes structures chimiques du minéral, la dimension des fibres, la porte d’entrée dans l' organisme,  l’intensité et  la durée de l’exposition  conditionnent la pathologie  selon des modalités qui restent à préciser.

          Les fibres inhalées  traversent les barrières de la plèvre viscérale  et de la  la plèvre pariétale par un mécanisme mal élucidé.

Elles produisent une réaction fibrosante au niveau des poumons et surtout de la plèvre, réalisant les PLAQUES PLEURALES.  La fibrose peut évoluer vers la néoplasie.

La genèse de cancers par l’amiante ne se limite pas aux mésothéliomes pleuraux bien connus.  Des néoplasmes du péritoine,  des reins,  du rete testis ,  de la vaginale testiculaire ,  de l’utérus ,  du tube digestif  ont été mis en corrélation  avec la présence  de fibres d’asbeste  dans l’organisme. 

Les analyses nécropsiques de sujets exposés à l’amiante trouvent des fibres dans pratiquement tous les organes : la rate, la thyroïde, le rein, le pancréas, le coeur, le cerveau, la prostate.

         Les fibres ingérées sont retrouvées pour une faible part dans les organes abdominaux. La  plupart sont éliminées par les voies urinaires.   La voie urinaire  est  au contact direct  de  l’asbeste.

L’ingestion d' amiante se produit dans l' industrie  mais  on trouve également des fibres dans les urines des populations qui boivent de l’eau de distribution ayant traversé des terrains amiantifères.

 

Le diagnostic histologique repose sur l’observation au microscope optique des CORPS ASBESTOSIQUES,  granules  où les fibres  sont enrobées par le système réticulo-endothélial, contenant du fer,  identifiable par histochimie.

Le microscope électronique montre les fibres d’asbeste libres ou à l' intérieur de cellules macrophagiques multinucléées.  La culture de fibroblastes de derme humain montre que les fibres d’asbeste provoquent l’apparition  rapide  de cellules  géantes multinucléées.

L’identification minéralogique des fibres et le comptage sont assurés par la microscopie électronique après incinération.

Le catalogue descriptif des lésions cellulaires et tissulaires est loin d’ être complet.

         Ainsi dans une fabrique de pièces d' automobile de Normandie la manipulation des fibres  d' amiante provoque des lésions cutanées si fréquentes qu’elles portent un nom vernaculaire : les piquets d’amiante. Ce sont des verrues peu saillantes de 2 à 3 mm de diamètre, dures, douloureuses à la pression, développées dans le derme et l’hypoderme, surtout au niveau des mains et des pieds. Les ouvriers enlèvent eux-mêmes la partie centrale piquante, cotonneuse, à la pince à épiler.

La repousse incessante conduit à l’éxérèse chirurgicale. Pourtant on ne trouve dans la région aucune relation d’analyse histologique ni aucune étude minéralogique de ces "piquets d’amiante", sans doute en raison de leur banalité.

La curiosité diagnostique des autorités médicales  ne semble guère , jusqu’à ce jour,  dépasser l’appareil pulmonaire,  pour des raisons sans doute multiples et diverses.

 

Analyse minéralogique de l' échantillon de tissu prostato-vésical   ( Premier cas, page suivante ).

Fibre d' amiante chrysotile.

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